Silent Hill : Shattered Memories
  Tatsunoko vs Capcom

ShatteredMemories

Contrairement aux idées reçues, la ludothèque de la Wii n’est pas constituée que d’épreuves physiques rigolotes pour soirées familiales et / ou avinées. Et si les jeux Nintendo dominent les charts, les autres éditeurs ne renoncent pas à proposer aux possesseurs de la machine des expériences plus traditionnellement gamer – comme on dit dans les services marketing et sur les forums internet. L’une des pistes les plus suivies en la matière est le portage de succès d’autres consoles. Après Okami, Bully, The House of the Dead et quelques Resident Evil, c’est au tour de Silent Hill de passer par la case remake. A ceci près que les créateurs de cette nouvelle version baptisée Shattered Memories ont pris le parti de se démarquer largement de leur modèle.

Si l’on retrouve le dénommé Harry Mason errant dans une ville pas moins étrange que Twin Peaks à la recherche de sa fille disparue, l’aventure emprunte ainsi des chemins qui l’éloignent du Silent Hill de 1999, lequel avait renouvelé le jeu d’épouvante en misant sur sa dimension psychologique. C’est cet aspect d’une série dont les derniers épisodes flirtent plus volontiers avec le gore que les développeurs ont choisi d’accentuer encore. Exit les combats : lorsque des créatures sans visage nous agressent, fuir est notre seul espoir. Les séquences d’exploration sont par ailleurs entrecoupées de face-à-face avec un psy. Selon nos réponses à ses questions (et notre comportement dans le jeu), les personnages rencontrés ne seront pas tout à fait les mêmes et la fin du récit changera, ce qui évoque le tout frais Heavy Rain en rappelant ce qu’il doit justement à Silent Hill.

Subtilement malaisant, Shattered Memories nous balade dans des décors américains emblématiques (lycée, centre commercial, parc d’attractions) où sont restés comme incrustés des fragments d’histoires traumatiques qui se révèlent brusquement à nous, et qui nous parlent, singulièrement. Transformant la manette-télécommande en téléphone portable ou en lampe torche qui éclaire nos pas dans la nuit, le jeu séduit aussi par son adaptation exemplaire d’un gameplay « classique » à la console de Nintendo.

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Avec le plus tape-à-l’œil Tatsunoko vs Capcom, cette dernière accueille en parallèle un représentant d’un genre nippon parmi les plus prestigieux : la baston en deux dimensions. Confrontant les stars de l’éditeur de Street Fighter (Ryu, Chun-Li, Megaman…) à celles du studio d’animation Tatsunoko (surtout connu en France pour sa série seventies La Bataille des planètes), le jeu est une célébration en forme de feu d’artifice des liens qui unissent les cultures vidéoludique et manga. Tout en respectant les canons du genre, les auteurs de Tatsunoko vs Capcom ont par ailleurs le bon goût de proposer en option un mode de contrôle simplifié qui permettra aussi aux joueurs les moins doués de profiter de son éblouissant spectacle synthétique – on les en remercie chaudement.

(Paru dans Les Inrockuptibles n°746, 17 mars 2010)

Silent Hill : Shattered Memories (Climax / Konami), sur Wii, PSP et PS2

Tatsunoko vs Capcom (Capcom), sur Wii

Erwan Higuinen

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