Koji Morimoto

Magnetic

Animateur virtuose, collaborateur des plus grands et visionnaire indépendant, Koji Morimoto est tout cela à la fois. Ainsi que le fondateur en 1986, avec la productrice Eiko Tanaka et son collègue animateur Yoshiharu Sato, du Studio 4°C, pensé pour favoriser la liberté artistique des créateurs.

C’est pourtant au cœur même de l’industrie que Morimoto se distingue d’abord. Partisan d’un mouvement délié et soucieux des moindres détails, il devient animateur clé (sur Cobra, Macross ou Dirty Pair) avant de rencontrer Katsuhiro Otomo. Co-directeur de l’animation d’Akira avec Takashi Nakamura aux côtés de qui il travaillait depuis plusieurs années, Morimoto passe à la réalisation à la même époque. Il participe ainsi à deux fameux « omnibus », Robot Carnival (1987) et Memories (1996), revisitant en version robotique le mythe de Frankenstein dans le premier et donnant un nouveau sens à l’expression space opera, avec Maria Callas en star de sa bande-son, dans le deuxième. Entre-temps, Koji Morimoto avait signé son premier long métrage, Tobe ! Kujira no peek (1991). Il n’y en a pas eu d’autre à ce jour.

De collaborations diverses en courts métrages, l’homme n’est pourtant jamais demeuré inactif. Les clips vidéo (pour Ken Ishii, Hikaru Utada, les Bluetones…) tiennent aussi une place non négligeable dans l’œuvre de ce grand amateur de musiques. Impliqué dans la collection animée Animatrix (2003) pour laquelle il réalise Au-delà, Koji Morimoto est aussi l’auteur d’une série de films courts particulièrement novateurs. Ainsi de Tokitama Hustle (1998), singulier travail sur les formes, l’espace, la perspective doublé d’une exploration inspirée des possibilités infographiques. Ou de Noiseman Sound Insect (1997), symphonie surchargée de bruits et de couleurs entre le naïf et l’abstrait, l’asphyxie et l’enchantement. Annoncé en 2005, le second long métrage de Morimoto, Sachiko, serait aux dernières nouvelles toujours en production. De nouvelles audaces sont sans doute à prévoir.

(Paru dans Manga Impact, Editions Phaidon, 2010)

Erwan Higuinen

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