Lollipop Chainsaw

Lollipop

C’est l’horreur au lycée de San Romero (référence explicite à George R. de La Nuit des morts vivants). Les zombies attaquent et – mais on s’en doutait un peu – le prof de math est l’un d’eux. Heureusement, la blonde cheerleader Juliet Starling (alias nous) sait y faire. D’un coup de pompon, elle les assomme avant de leur trancher la tête au moyen de sa tronçonneuse. Game designer punk par excellence, Goichi Suda (Killer 7, No More Heroes, Shadows of the Damned) n’a jamais fait mystère de son goût pour la culture pop américaine. Assisté du cinéaste James Gunn (ex de Troma, réalisateur de Super), il donne naissance avec Lollipop Chainsaw à l’un des jeux les plus euphorisants de ces dernières années.

Spécimen unique d’expérience gore bubble-gum, sa dernière création mise en musique par le grand Akira Yamaoka de Silent Hill (mais avec le Lollipop de 1958 des immortels Ronald & Ruby dans sa B.O.) ressemble à une chanson des Ramones. Infréquentable mais irrésistible. En apparence crétin et néanmoins génial. En ces temps post-salon E3 (la grand-messe de l’industrie vidéoludique qui a eu lieu le mois dernier à Los Angeles) où l’on s’écharpe entre partisans du grand-spectacle sanglant (Call of Duty et ses amis) et du jeu vidéo ensoleillé (qui n’est pas que pour les petits, on y tient), Lollipop Chainsaw invente une troisième voie : celle de l’adolescence éternelle, de l’artifice acidulé, de la frénésie rieuse et, quand même, par moments un peu dégoûtée. Au départ comme à l’arrivée, c’est un jeu d’action, de baston, de mutilation. Mais tout scintille, tout frétille, et ça grouille d’idées. Quel bonheur ce serait de faire la prochaine rentrée au lycée de San Romero.

(Paru dans Les Inrockuptibles n°867, 11 juillet 2012)

Lollipop Chainsaw (Grasshopper Manufacture / Warner), sur PS3 et Xbox 360

Erwan Higuinen

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