City Hunter (Nicky Larson)

CityHunter

Ryo Saeba est un héros sans peur mais pas sans reproche. A travers Tokyo et plus particulièrement le quartier de Shinjuku, fameux entre autres choses pour sa vie nocturne, Ryo est connu sous le pseudonyme de City Hunter. Il est celui à qui l’on fait appel pour régler un problème pour peu que ce dernier implique d’évoluer aux marges de la loi et dans les bas-fonds de la société nippone. Mais Ryo possède un point faible : la rencontre d’une jeune femme bien de sa personne le met toujours dans un état improbable, l’habile homme de main (dont les compétences « professionnelles » ne sont jamais mises en doute) se changeant illico en dragueur catastrophiquement lourdaud.

Cette dualité du personnage se reflète dans la forme même de la série et des OAV adaptées du manga (plus sombre et grivois) de Tsukasa Hojo. En un éclair, le récit change de ton, basculant de l’action globalement sérieuse à la bouffonnerie la plus totale, dans une même séquence et sans que cela ne porte atteinte à la cohérence de l’ensemble. Entre l’héroïque et le grotesque, City Hunter et son musculeux protagoniste ont décidé de ne pas choisir. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que, lorsque Ryo devient, en 1992, la vedette d’un long métrage en prises de vue réelles produit à Hong Kong, son rôle soit confié au maître de la comédie kung-fu, Jackie Chan, aussi à l’aise dans la performance athlétique que dans le registre burlesque.

City Hunter exalte avant tout une certaine idée de la ville comme espace propice à toutes les aventures, qu’elles soient policières ou amoureuses. Pour la série comme pour Ryo, les dangers ne manquent pas, le ridicule et le mauvais goût figurant en bonne place sur la liste. Mais telle est la règle du jeu de City Hunter : tout, toujours, y semble permis.

(Paru dans Manga Impact, Editions Phaidon, 2010)

Erwan Higuinen

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