Rencontres à Manhattan

Burns

Qui croyait encore en Edward Burns, caricature de cinéaste indépendant (Les Frères McMullen, She’s the One) dont n’était jusqu’à présent notable que l’acharnement éhonté à donner le beau rôle aux personnages qu’il interprétait lui-même ? Rencontres à Manhattan est son meilleur film. Mais pas pour ses « idées » de « mise en scène », interviews dans la rue des personnages sur leur vie amoureuse et sexuelle ou mouvements de caméra abrupts façon « j’imite Woody Allen imitant John Cassavetes ». Tout cela, c’est la valeur ajoutée pseudo auteuriste, fastidieuse, gadget.

Un peu comme dans le tout aussi frimeur Wonderland de Michael Winterbottom, le salut vient d’ailleurs : d’un suivi sans faille des personnages, d’un parti pris de contemporanéité absolue, d’un goût du meccano amoureux (jouer à former des couples changeants au sein du groupe) et d’une prise en compte des avancées du genre dont le film relève – la comédie new-yorkaise ne peut être la même après (ou plutôt pendant) l’inégalable Sex and the City. A cela s’ajoute un appétit retrouvé pour la scène qui s’installe, là où tant de films préfèrent la vague évocation décorative. Ce n’est déjà pas si mal.

(Paru dans Les Cahiers du cinéma n°566, mars 2002)

Rencontres à Manhattan (Sidewalks of New York, 2001) d’Edward Burns

Erwan Higuinen

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