Guacamelee

Guacamelee

Les créateurs indépendants n’en finissent pas de réinventer le jeu d’action-plateforme 2D des décennies passées. Comme Knytt Underground ou Toki Tori 2 avant lui, Guacamelee relève du sous-genre « Metroidvania », issu des séries Metroid et Castlevania, qui lâche le joueur dans un enchevêtrement de salles où certains passages, visibles dès le départ, ne seront accessibles qu’après l’acquisition de nouvelles capacités. Mais les facétieux Canadiens de Drinkbox, déjà auteurs du réjouissant diptyque Tales From Space, y ajoutent une bonne dose de jeu de combat (d’obédience beat’em all), une multitude de références (à Mario et Zelda, d’abord) et, surtout, une irrésistible ambiance de cartoon mexicain au dessin particulièrement soigné.

A propos de Secret Agent qui se déroulait en Suisse et ne négligeait aucun signe distinctif supposé du pays, Hitchcock expliqua jadis à Truffaut sa volonté d’« utiliser dramatiquement tous ces éléments locaux ». C’est à peu près la même chose, mais ludiquement, avec le Mexique pour le très dynamique et inventif Guacamelee. Parmi ses ingrédients : sombreros, cactus, tequila, catcheurs masqués, musique de mariachis et incursions à volonté dans le monde des morts. Finement épicé, le cocktail est un pur délice.

(Paru dans Les Inrockuptibles n°909, 30 avril 2013)

Guacamelee (Drinkbox), sur PS3, PS4, Vita, Xbox 360, Xbox One, Wii U, PC et Mac

Erwan Higuinen

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